Les ambitions cinématographiques de Netflix : Regards sur l’avenir après l’acquisition de Warner Bros.
Lors de l’investor call, Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix, a tenté de rassurer concernant l’engagement de Warner Bros. envers les salles de cinéma, même si ses positions antérieures indiquaient une vision différente.

Contexte de l’Acquisition
L’annonce du rachat de Warner Bros. par Netflix pour 82,7 milliards de dollars a immédiatement provoqué une réaction vive de la part des organisations d’exploitants. L’UNIC, en Europe, a dénoncé un « mouvement de concentration préoccupant », tandis que Cinema United, aux États-Unis, évoquait un risque « d’affaiblissement supplémentaire de l’écosystème des salles ». C’est dans ce climat que s’est tenu, le 5 décembre 2025, l’investor call où Ted Sarandos a détaillé les implications de cet accord.
Un Discours Évolutif
Pour Netflix, la situation exigeait un discours particulièrement soigné. Sarandos avait précédemment déclaré dans Time Magazine que le déclin des salles « ne le dérangeait pas », interprétant les difficultés du box-office nord-américain comme un message clair du public : « Il préfère regarder les films chez lui ». Lors de l’investor call, il a cependant affirmé que « tout ce qui est prévu pour sortir en salles chez Warner Bros. continuera d’aller en salles » et que Netflix comptait préserver « le cycle de vie des films qui démarre en salle », soulignant ainsi le rôle central des salles, notamment pour les franchises.
Les Fenêtres d’Exclusivité
Sur la question des fenêtres d’exclusivité, Sarandos a réaffirmé son opposition aux « longues fenêtres exclusives», qu’il juge inadaptées aux usages contemporains. En France, cette position est d’autant plus claire, Netflix ayant engagé un recours devant le Conseil d’Etat contre un accord qu’ils n’ont pas signé.
Dans le contexte américain, ce concept de longues fenêtres renvoie à des périodes de 80 à 90 jours avant 2020, raccourcies à environ 30 à 45 jours depuis la pandémie par la plupart des studios. Sarandos critique ces modèles, témoignant de sa volonté d’adapter l’exploitation en salle à la réalité des habitudes des spectateurs.
Une Pratique en Transformation
Concernant le rapport de Netflix aux salles de cinéma, Sarandos a noté que la société a « sorti environ 30 films en salles cette année ». Cependant, ces sorties étaient majoritairement limitées, destinées à répondre à des critères d’éligibilité aux Oscars. Il avait lui-même admis auparavant que ces sorties étaient principalement tactiques, visant à cocher des cases pour les prix.
Ce contexte souligne une évolution dans le discours de Netflix : une pratique qui était jusqu’alors perçue comme calculée est désormais présentée comme un engagement envers les salles.
Une Vision Nuancée
Netflix veut maintenir les sorties salles de Warner et reconnaître leur rôle tout en exprimant sa préférence pour des fenêtres d’exclusivité plus courtes. Sarandos adopte un ton apaisant, malgré ses convictions sur la prédominance des consommations domestiques qui, selon lui, remettent en question le rôle central des salles dans l’expérience cinéma.
FAQ
- Quel est le montant du rachat de Warner Bros. par Netflix ?
- Le montant du rachat s’élève à 82,7 milliards de dollars.
- Qu’a déclaré Ted Sarandos sur l’avenir des salles de cinéma ?
- Il a affirmé que tout ce qui est prévu pour sortir dans les salles continuera d’y être diffusé, en soutenant le cycle de vie des films.
- Quelle est la position de Netflix sur les fenêtres d’exclusivité ?
- Sarandos s’oppose aux longues fenêtres d’exclusivité, préférant des périodes plus courtes adaptées aux habitudes contemporaines.
- Combien de films Netflix a-t-il sortis en salle cette année ?
- Netflix a sorti environ 30 films en salles cette année, principalement pour répondre aux critères d’éligibilité aux Oscars.
- Cela signifie-t-il que Netflix va changer sa stratégie concernant les salles ?
- Ce discours pourrait signaler un changement, mais il reste à voir si cela répond à une demande stratégique ou réglementaire.
